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Feuille de route d’un taxi de station : quelles données doivent venir du taximètre ?

Le taximètre n’affiche pas seulement le prix. Il alimente aussi l’état de service (dienststaat) avec des totalisateurs réglementaires que l’application ne peut pas inventer.

Quelles valeurs totalisées enregistrer, comment les récupérer, et que vérifier avant un contrôle ?

En bref

Pour un taxi de station, le taximètre vérifié est obligatoire. La feuille de route reprend les infos chauffeur/véhicule/service plus cinq totalisateurs du taximètre (distances, courses, suppléments, prix). Chiron ne remplace ni le taximètre ni la feuille de route.

Un taxi de station en Flandre ne se résume pas à une licence d'exploitation. Pour travailler sur une station réservée, le véhicule doit aussi disposer d'une autorisation communale, d'un lumineux « TAXI » et d'un taximètre vérifié.

Ce taximètre n'affiche pas seulement le prix de la course. Il alimente aussi l'état de service — le dienststaat — avec des valeurs totalisées que l'application ne peut pas inventer.

Pour un exploitant, la question pratique est simple : quelles données doivent venir du taximètre, comment les récupérer au début et à la fin du service, et que vérifier avant un contrôle ?

Le taximètre est obligatoire pour un taxi de station

Un véhicule utilisé comme taxi de station doit disposer d'un instrument de mesure conforme aux exigences fédérales. Dans la pratique, il s'agit d'un taximètre européen homologué, installé et vérifié.

Ce n'est pas une option « si le chauffeur préfère ». Sans taximètre conforme, le véhicule ne remplit pas les conditions d'un taxi de station, même s'il possède déjà une licence IBP et une autorisation communale.

Le lumineux sur le toit complète ce dispositif : allumé lorsque le véhicule est libre, éteint lorsqu'il n'est plus disponible.

La feuille de route reste liée au chauffeur et à son service

Comme pour un taxi de rue, la feuille de route (dienststaat) documente le service d'un chauffeur avec un véhicule déterminé. Elle couvre la période entre le démarrage et la fin effective du service.

Elle doit permettre de reconstituer :

  • qui conduisait ;
  • avec quel véhicule ;
  • à quelle heure le service a commencé et s'est terminé ;
  • quelles courses ont été réalisées ;
  • quelles distances et quels montants ont été enregistrés.

La différence essentielle avec un taxi de rue sans taximètre : une partie des chiffres réglementaires doit provenir des totalisateurs du taximètre, et non uniquement du GPS de l'application.

Que faut-il enregistrer au début du service ?

Lorsqu'un chauffeur démarre sa journée, la feuille doit contenir au minimum :

  • le nom ou la dénomination de l'exploitant, son adresse, e-mail et téléphone ;
  • la date ;
  • l'identification du véhicule et la plaque d'immatriculation ;
  • le nom et le prénom du chauffeur ;
  • l'heure de début du service ;
  • le kilométrage du véhicule au début du service ;
  • les valeurs totalisées du taximètre au début du service.

Pour un taxi de rue utilisant une application plutôt qu'un taximètre, ce sont surtout les localisations GPS (début de service, début et fin de chaque course) qui complètent le socle commun. Pour un taxi de station, ce sont les totalisateurs du taximètre qui jouent ce rôle.

Exemple

Un chauffeur commence à 6 h 45 avec le véhicule TX-123-ABC. Le système doit enregistrer le chauffeur, le véhicule, 6 h 45, le kilométrage affiché au compteur du véhicule, et la lecture des cinq totalisateurs du taximètre à cet instant — pas une estimation saisie à la main plus tard dans la journée.

Que sont les valeurs totalisées du taximètre ?

Les valeurs totalisées (souvent appelées totalisateurs) sont des compteurs cumulatifs du taximètre. Pour l'état de service d'un taxi de station, cinq valeurs sont particulièrement importantes :

  1. la distance totale parcourue ;
  2. la distance en position « occupé » ;
  3. le nombre total de courses ;
  4. le montant total des suppléments ;
  5. le montant total des prix des courses.

Ces compteurs progressent au fil de la vie du taximètre. Ce que la feuille de route doit montrer pour un service donné, ce sont les valeurs au début et à la fin — et donc, par différence, l'activité de cette journée.

Exemple simplifié

Au début du service :

  • distance totale : 128 450,3 km ;
  • distance « occupé » : 91 220,1 km ;
  • nombre de courses : 18 742 ;
  • suppléments : 12 480,50 € ;
  • prix des courses : 524 310,20 €.

À la fin du service :

  • distance totale : 128 612,8 km (+ 162,5 km) ;
  • distance « occupé » : 91 341,4 km (+ 121,3 km) ;
  • nombre de courses : 18 760 (+ 18) ;
  • suppléments : 12 512,00 € (+ 31,50 €) ;
  • prix des courses : 524 891,70 € (+ 581,50 €).

Ces différences doivent coïncider avec les courses réellement réalisées pendant le service. Si le logiciel affiche 18 courses mais que le totalisateur n'a progressé que de 12, quelque chose ne va pas.

Pourquoi les compteurs ne peuvent-ils pas être remis à zéro ?

Les totalisateurs réglementaires sont conçus pour être cumulatifs et non remis à zéro à chaque service. Ils permettent de vérifier la continuité des données dans le temps.

Remettre un compteur à zéro chaque matin ferait disparaître la piste d'audit : on ne pourrait plus relier une journée à l'historique du taximètre. En cas de contrôle, l'agent doit pouvoir s'appuyer sur des valeurs cohérentes et non manipulables à la volée.

En pratique : le chauffeur (ou le système connecté) lit les compteurs ; il ne les « reset » pas. Toute intervention technique sur le taximètre relève d'un organisme habilité, pas d'une action quotidienne du chauffeur.

Quelles données faut-il enregistrer pendant le service ?

Pendant la journée, la feuille continue de se construire. Elle doit notamment reprendre :

  • les heures des pauses réellement prises ;
  • le nombre de courses réalisées depuis le début du service ;
  • le prix final de chaque course ;
  • le nombre de prises en charge ;
  • la distance totale parcourue pendant le service ;
  • la distance parcourue avec un client à bord.

Chaque course doit aussi générer les informations nécessaires au titre de transport. Le taximètre calcule distances, temps et prix ; le système global doit rattacher ces éléments au bon chauffeur, au bon véhicule et au bon service ouvert.

Que doit contenir la feuille à la fin du service ?

Lorsque le chauffeur clôture sa journée, la feuille doit reprendre :

  • la date et l'heure de fin effective du service ;
  • le nombre total de courses ;
  • le prix convenu et le prix final de chaque course ;
  • le nombre de prises en charge ;
  • la distance totale parcourue et la distance avec clients ;
  • les valeurs totalisées du taximètre à la fin du service ;
  • les pauses déclarées.

Éteindre simplement le téléphone ou quitter l'application ne suffit pas. Le service doit être clôturé explicitement, avec lecture des totalisateurs de fin.

Le taximètre crée-t-il automatiquement toute la feuille de route ?

Pas nécessairement.

Le taximètre fournit distances, temps, prix et totalisateurs. Mais l'état de service doit aussi identifier l'exploitant, le chauffeur, le véhicule, l'ouverture et la fermeture du service, ainsi que les pauses.

Un taximètre seul, sans logiciel de gestion de service autour de lui, ne produit pas toujours une feuille complète et consultable pendant sept ans. À l'inverse, un logiciel sans lien fiable avec le taximètre ne peut pas inventer les totalisateurs réglementaires.

Une application peut-elle remplacer les données du taximètre ?

Non, pour un taxi de station. Une application peut compléter le système : démarrer le service, gérer les pauses, afficher la feuille, transmettre les courses à Chiron, archiver les documents.

Mais les valeurs totalisées réglementaires doivent provenir du taximètre vérifié. Remplacer ces compteurs par une estimation GPS ou par des totaux calculés uniquement dans l'app ne répond pas à l'obligation du taxi de station.

Que faire si le taximètre ne peut pas communiquer avec le logiciel ?

Idéalement, le taximètre et le logiciel échangent les données automatiquement (interface, câble, protocole du fabricant). Si la communication tombe en panne, l'exploitant doit avoir une procédure claire.

En pratique :

  • vérifier immédiatement le câblage, l'alimentation et l'état du taximètre ;
  • si le service doit continuer, noter les totalisateurs de début et de fin de manière traçable (lecture manuelle documentée) jusqu'à réparation ;
  • ne pas « inventer » des valeurs pour combler un trou dans la feuille ;
  • faire intervenir un technicien habilité dès que possible ;
  • conserver la trace de l'incident (heure, véhicule, symptômes, intervention).

Une panne de communication répétée n'est pas un détail informatique : c'est un risque de feuille incomplète lors d'un contrôle.

La feuille de route peut-elle être imprimée ?

Oui, sous forme d'écran, de document numérique ou d'impression, à condition que le contenu soit lisible, compréhensible et identique aux données originales.

Le PDF ou l'impression ne remplacent pas l'enregistrement sécurisé pendant le service. Ils en sont la représentation. Un document reconstruit manuellement plusieurs semaines plus tard, sans lien avec les totalisateurs réellement lus, ne suffit pas.

Le chauffeur doit-il pouvoir montrer la feuille lors d'un contrôle ?

Oui. Lorsqu'un agent compétent demande les données, le chauffeur doit pouvoir présenter les informations sécurisées de la feuille de route et des titres de transport.

Dire que « tout est au bureau » ou que « seul le patron a le mot de passe » pose problème si le chauffeur ne peut rien montrer sur place. L'équipement dans le véhicule doit permettre de présenter les données sous une forme lisible.

Comment vérifier que le taximètre est en ordre ?

Selon le SPF Économie, la vérification périodique de l'installation a lieu tous les quatre ans. Une vignette verte indique l'année et la date d'expiration.

L'exploitant devrait contrôler régulièrement :

  • que la vignette est présente et lisible ;
  • que la date d'expiration n'est pas dépassée ;
  • que le taximètre fonctionne (affichage, impression éventuelle, passage en position occupé) ;
  • que les sceaux / plombages n'ont pas été altérés.

Un taximètre hors délai de vérification expose le véhicule et l'exploitant, même si le logiciel de dispatch fonctionne parfaitement.

Que faire en cas de panne pendant une course ?

Si le taximètre tombe en panne pendant une course, le chauffeur ne doit pas improviser un prix « au feeling » sans procédure. En pratique :

  • informer le client de manière transparente ;
  • appliquer la procédure interne de l'exploitant (et, le cas échéant, les règles communales) ;
  • documenter l'incident : heure, lieu, course concernée, symptômes ;
  • sortir le véhicule du service station si le taximètre n'est plus fiable ;
  • faire réparer et revérifier l'appareil avant de reprendre l'activité de station.

Continuer une journée entière de station avec un taximètre défaillant produit une feuille fragile et un risque élevé en cas de contrôle.

Le titre de transport reste obligatoire

À la fin de chaque course, un titre de transport doit être remis au client, sans qu'il doive le réclamer. Cette obligation s'applique aussi aux taxis de station.

Le titre mentionne notamment l'exploitant, le véhicule, la plaque, le chauffeur, le numéro de course, les heures et lieux, les kilomètres, le tarif et le prix total. Lorsqu'une autorisation de station est concernée, les coordonnées de la commune peuvent également devoir figurer.

Chiron remplace-t-il les données du taximètre ?

Non.

Chiron reçoit les messages de départ et d'arrivée des courses. Il ne remplace ni le taximètre, ni les totalisateurs, ni la feuille de route, ni le titre de transport.

Une course correctement transmise à Chiron peut coexister avec une feuille incomplète si les totalisateurs n'ont pas été lus ou si le service n'a pas été clôturé correctement.

Un taxi de station peut-il aussi accepter des courses par application ?

Oui, en principe, un même véhicule peut combiner les modes s'il dispose des autorisations et de l'équipement requis. Mais dès qu'il fonctionne comme taxi de station, les règles du taximètre et des totalisateurs s'appliquent.

Accepter une course via une app ne dispense pas de lire les totalisateurs ni de produire un état de service complet. L'exploitant doit clarifier dans ses procédures ce qui change (ou ne change pas) selon le mode d'acquisition de la course.

Les erreurs les plus courantes à éviter

  • Démarrer le service sans lire les totalisateurs — la différence début/fin devient impossible à établir correctement.
  • Saisir des valeurs « approximatives » — les compteurs doivent être lus, pas estimés.
  • Utiliser un taximètre dont la vignette est expirée — le matériel n'est plus en ordre, même si l'écran fonctionne encore.
  • Croire que l'app GPS remplace le taximètre — pour un taxi de station, ce n'est pas le cas.
  • Ne jamais déclarer les pauses — la feuille ne reflète pas le service réel.
  • Fermer l'app sans clôturer le service — totalisateurs de fin manquants ou incorrects.
  • Continuer en station avec un taximètre en panne — courses sans base de mesure fiable.

La vérification que l'exploitant devrait organiser

L'exploitant ne devrait pas attendre un contrôle pour découvrir les trous. Une checklist simple, chaque jour ou chaque semaine :

  1. chaque chauffeur a-t-il démarré et clôturé son service ?
  2. le bon véhicule est-il sélectionné ?
  3. le kilométrage de départ est-il présent ?
  4. les totalisateurs de début ont-ils été enregistrés ?
  5. les totalisateurs de fin ont-ils été enregistrés ?
  6. les différences début/fin correspondent-elles aux courses du jour ?
  7. chaque course a-t-elle un prix final et un titre de transport ?
  8. les pauses sont-elles déclarées ?
  9. la vignette verte du taximètre est-elle valide ?
  10. la communication taximètre ↔ logiciel fonctionne-t-elle ?
  11. les données ont-elles été transmises à Chiron ?
  12. les feuilles peuvent-elles être ouvertes et téléchargées par le chauffeur ?
  13. les archives de plus de quelques mois sont-elles toujours accessibles (conservation 7 ans) ?

Ce qu'un exploitant doit retenir

Pour un taxi de station, la feuille de route n'est pas une simple liste de courses. Elle combine l'identité du service (chauffeur, véhicule, horaires, pauses) et les totalisateurs du taximètre vérifié.

Avant chaque journée et avant chaque contrôle, deux questions suffisent presque :

« Les valeurs totalisées viennent-elles bien du taximètre vérifié ? » et « Le chauffeur peut-il présenter une feuille de route complète pendant un contrôle ? »

Si la réponse est non à l'une des deux, le système n'est pas prêt — même si le dispatch et Chiron semblent fonctionner. Voir le hub Documents et TaxiGer pour le dossier de licence.

Voir aussi les fonctionnalités TaxiGer.

Étape suivante

Comparez avec le cas d’un taxi de rue sans taximètre : les données GPS remplacent alors les totalisateurs.

Feuille de route d’un taxi de rue en Flandre

FAQ

Sources officielles

Aller plus loin

Cet article est fourni à titre informatif. Pour toute décision réglementaire, consultez les sources officielles flamandes ou votre conseiller juridique.